Après ces 3 grosses journées à Samarcande, nous prenons un taxi (enfin plutôt, négocions un taxi, montons, apprenons soudain que le prix monte, descendons, marchons trouvons un autre taxi, re-négocions, partons, arrivons, nous embrouillons avec le chauffeur qui refait monter le prix, nous cassons en râlant) en direction de Sharizabz, point de départ du treck.
Nous dormons dans un charmant B&B dont la salle de bains ressemble à une chambre à gaz, néanmoins très typique et qui nous sert un diner délicieux. (le pépé me cause en Ouzbek, je n’y comprend rien, je fais des sourires en hochant bravement de la tête) puis nous rendons le lendemain matin au point de départ.
Le programme prévoyait un treck avec quelques heures de marche chaque jour, mais pas des masses non plus, ce qui me convenait parfaitement car je suis bien bien loin d’être une grosse marcheuse.
Unfortunatly my dear, à peine sommes-nous montés dans la maroutchka qui nous emmène au village d’ou nous commencerons à marcher que le guide nous dit « alors nous allons marcher 50km »
50 QUOOOAAA ? Que je hurle dans mon dedans intérieur. Nancépapossibeule. Désolé monsieur mais mes jambes ça elles savent pas faire hein, qui plus est en montagne par 40°C. Mais si mais si qu’il me dit. Mais non mais non que je pense en lui faisant un mignon petit sourire brave.

Etant donné que nous avions jusque là dépensé plutot carrément moins que ce que nous pensions, nous avions choisit de faire ce treck comme des gros richoss, et donc de partir avec :
– un guide français
– un cuisinier
– des ânes pour porter nos sacs, les tentes et la bouffe
– des gens pour s’occuper des ânes
Ouais, c’était trop bien et trop chou, du coup ça compensait le fait que j’avais envie de me suicider de désespoir à l’idée de marcher autant de kilomètres.
Alors donc nous partons, les 3 autres tout guillerets et moi soufflant haletant crachant mes poumons et insultant intérieurement tout ce qui me venait à l’esprit mais affichant quand même un sourire oui oui ça va merci (me fait pas chier.)
Bon quand-même les paysages étaient superbes, nos guides sympas et puis bon les pauses quand même c’est bien. Surtout quand on met les pieds dans le ruisseau et qu’on mange des choses bonnes.
Et puis surtout c’est bien le soir quand on arrive au campement, qu’on monte nos tentes pendant que le cuisiner fait chauffer du thé, tend un couverture, y pose des tasses fumantes et une assiète de biscuits, et qu’ensuite on peut aller se baigner et faire les fous dans le ruisseau. Et puis un diner fameux et hop au dodo.
Le moment du dodo c’est surtout le moment ou il ne faut pas penser à « ah mon dieu demain c’est la big journée ou on marche 25km avec plus de 55 trillards de mètres de dénivelé » sinon on ne dort pas de la nuit et on se sent bien con.
Bon alors du coup moi hein j’avais pensé. Mais bon Q, le deuxième garçon du groupe, lui il est fort en montagne, alors il m’a dit regarde, il faut respirer comme une baleine comme ça pioupioupffpff et hop on est pas fatigué.
Eh bien croyez-moi ou non : ça marche ! Même pas fatigué moi ! Ouaip ! Marché tout devant sans rouspéter. Bon quand même j’avais hâte d’être à la pause et j’ai un peu ralé dans mon dedans quand le guide a dit « bon puisque vous marchez vite on va monter un peu plus » … ah oui non mais moi en fait si je marche vite c’est parce que je veux vite être arrivée en fait.. jme fait carotte là.
Bref, ensuite encore un nuit, un campement trop chou, un plov, le guide qui nous fait tester du tabac ouzbek en poudre qui se met sous la langue, qui fait tourner la tête de certaines personnes (moi) et en fait vomir d’autres (pas moi), et encore une grosse demi-journée de marche.
En 3 jours nous n’aurons croisé que quelques bergers vivant dans la montagne avec leurs troupeaux. Aucun autre randonneur, pas une maison. Tout simplement splendide.
Une très belle façon de terminer un si beau voyage.
















